
En plongée, particulièrement lorsque la visibilité est réduite, on peut facilement confondre le maskinongé avec le grand brochet. D’ordinaire, on peut le distinguer par ses taches foncées sur fond pâle, tandis que les taches du grand brochet sont pâles sur fond foncé. Pour ajouter à la confusion, ces deux espèces peuvent se croiser en nature. L’hybride qui en résulte, plus court et plus robuste, porte le nom de maskinongé-tigre.
Identification
Le maskinongé est le plus grand de nos poissons d’eau douce, exception faite des esturgeons. Son corps est allongé et modérément comprimé latéralement. Il mesure, en moyenne, de 70 à 120 cm, mais peut atteindre plus de 1,6 m et peser au-delà de 30 kg. Sa tête est longue et large, ses yeux sont grands, tout comme sa bouche, qui est pourvue de dents acérées. La nageoire caudale est fourchue et les nageoires dorsale et anale sont reculées sur le corps et situées près de la queue. La couleur du maskinongé varie du vert doré au brun pâle et les flancs ont parfois des reflets gris argenté. Typiquement, le corps est marqué de taches foncées sur fond pâle, qui sont de formes très variées. Les nageoires, de couleur verdâtre à chamois, sont marquées de taches foncées.
Reproduction
Le frai a lieu au printemps, peu de temps après celui du grand brochet, soit de la fin d’avril au début de mai. Il se produit généralement le jour, dans les zones inondables des cours d’eau et des baies qui bordent les lacs. La maturité sexuelle est atteinte entre 3 et 5 ans. Chaque femelle est accompagnée d’un ou deux mâles. Il n’y a pas de nidification et la femelle pond environ 120 000 œufs, déposés au hasard sur la végétation, qui mettront de 8 à 14 jours avant d’éclore. Les alevins resteront attachés à la végétation pour une période supplémentaire d’environ 10 jours, période pendant laquelle ils se nourriront à même le sac vitellin. Par la suite, leur diète sera composée de zooplancton, et ce n’est qu’une fois qu’ils auront atteint une taille d’environ 4 cm que les jeunes se nourriront principalement de poissons. L’âge maximal du maskinongé est d’environ 30 ans.
Alimentation et prédateurs
Le maskinongé est un chasseur solitaire et sédentaire. Son régime, composé de perchaudes, de crapets, de barbottes, de meuniers noirs et de cyprins, peut aussi inclure des écrevisses, des grenouilles, des souris, des rats musqués et des oiseaux aquatiques. L’adulte a très peu d’ennemis, mais les œufs et les jeunes sont la proie d’un bon nombre de prédateurs.

Habitat
Cette espèce habite les zones herbeuses, chaudes et peu profondes des lacs et des cours d’eau lents. Toutefois, de grands individus sont parfois observés à des profondeurs excédant 15 mètres.
Distribution
Au Canada, l’espèce est disséminée dans les lacs et des cours d’eau du sud, du Manitoba jusqu’au Québec. Dans le Saint-Laurent, elle est présente dans le tronçon fluvial et ses tributaires.

Rencontre avec un géant
Il est dit qu’un pêcheur expérimenté doit investir une centaine d’heures pour ferrer un maskinongé. Je peux vous assurer qu’un plongeur en aura besoin du double pour en apercevoir un sous l’eau. L’approcher à courte distance en demandera encore plus. Pour ma part, j’ai eu le privilège d’en observer à trois reprises. Le spécimen sur la photo était le deuxième et le plus gros. Il devait faire 1,75 m de longueur, un géant. La visibilité n’étant pas excellente, j’ai tenté de m’approcher un peu plus pour avoir une meilleure image. Cela l’a rendu nerveux et il n’a donner qu’un seul coup de queue pour disparaitre dans le lointain. Un poisson n’atteint pas cette taille en étant imprudent.
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